J’étais en dernière année de maternelle, je crois. Mon meilleur ami et moi, nous étions dans un coin de la cour de récré. J’avais quoi, 5 ans ? Et nous avons fait un serment. Nous nous sommes engagés à ne JAMAIS nous marier et à ne JAMAIS avoir d’enfant ! Promis, juré, craché ! Ce n’était pas compatible avec la vie d’aventurier que nous projetions.

Et j’étais tellement sûr que j’allais tenir cet engagement. J’étais aussi persuadé d’avoir compris la vie dans sa totalité et d’avoir résolu tous mes problèmes. Lol !

 

Flash forward : 30 ans plus tard.

 

La vie offre pas mal d’aventures intéressantes, dont l’une d’elles est de “devenir papa”.

 

Je serai bien incapable de définir les contours de la paternité et de te dire ce qu’il faut faire et ne pas faire.

 

Je pense qu’il y a autant de façon d’être papa qu’il y a de pères.

 

Mais, par définition, une aventure comporte pas mal d’embûches et de tracas. Le but de cet article est de t’éviter certains d’entre eux et de te préparer aux autres. Pour que dans l’ensemble, ça reste plutôt fun.

 

Être à la hauteur ou pas

 

Tu connais peut-être cette phrase de Nietzsche (même si tu ne sais pas que c’est de lui).

 

A l’école de la vie : ce qui ne me tue pas me rend plus fort.”

 

Ça sent tout de suite l’optimisme et la joie de vivre. Bon, je trouve qu’il y a bien d’autres choses à apprendre. En fait, quand mon fils est né, c’est comme si je revenais d’un coup, et en fanfares, à la grande école de la vie.

 

Bien sûr, je me la suis posé cette question. Est-ce que je vais être à la hauteur ?

 

Quand il est né, quand il n’était plus vraiment possible de dire “pouce” ou “temps mort”, je me suis raccroché à une certitude. Parce que tout allait terriblement vite et que d’un coup je me retrouvais avec ce petit bonhomme, nu, fragile et minuscule.

 

J’ai pensé : c’est lui qui va m’apprendre. Je vais être à son écoute et découvrir le mode d’emploi pas à pas.

 

Je me suis rendu à l’évidence que je ne savais pas ce que c’était que d’être papa. J’étais un parfait débutant. Et je l’ai accepté.

 

J’ai tout de même fait 2 choses à la naissance de mon fils. Parce que l’accouchement n’est une partie de plaisir ni pour la mère, ni pour l’enfant.

 

  1. Avec ma femme, on lui a souhaité la bienvenue dans notre vie.
  2. J’ai dit clairement à mon fils, à peine âgé de quelques heures, que nous allions le garder. Que nous étions ses parents et qu’on prendrait soin de lui.

 

Même s’ils ne comprennent pas les mots, je crois que les enfants sentent parfaitement les intentions. Je lui ai donc répété plusieurs fois, pendant le séjour à la clinique. “Nous sommes tes parents et nous allons prendre soin de toi.”

 

Devenir papa : ce qui change

 

Sans reprendre une fois de plus le champs lexical de la catastrophe naturelle, l’arrivée d’un enfant bouleverse un certain nombre de paramètres. Tu t’en doutes. Ici, je vais te donner quelques détails.

 

1/ Le sommeil

 

Ton sommeil ne va plus dépendre seulement de toi, de ton réveil-matin ou de ton job. La grasse matinée change de définition. Si, le dimanche, tu peux dormir jusqu’à 8h ou 8h20, tu peux t’estimer heureux.

 

Je vais te faire une confidence. Depuis la naissance de mon fils, il y a 22 mois, je n’ai pas utilisé mon réveil plus de 5 ou 6 fois. Max !

 

Dès la première nuit à la clinique, tu seras au parfum. D’ailleurs, je te recommande de faire comme moi et de dormir sur place pour permettre à ta femme de récupérer.

 

Tu auras peut-être cette émotion étrange où l’émerveillement se mêle à la sensation d’être mort de fatigue. Bizarrement agréable !

 

Pour t’aider dans le nouveau rythme de tes nuits, j’ai écrit 12 conseils pour faciliter le sommeil de bébé (et le tien par la même occasion).

 

2/ La sexualité

 

C’est une nouvelle ère qui commence.

 

Fini l’insouciance, la liberté, l’indépendance. A présent tu ne dois plus seulement négocier avec ta femme. Tu dois trouver le parfait alignement des astres. Et c’est tout autre chose, l’ami, de faire bouger les planètes !  

 

Il va falloir trouver aussi un nouvel équilibre entre le statut de père et celui d’amant. La sexualité après l’accouchement est cependant régie par certaines lois. Tu peux commencer par te familiariser avec.

 

3/ Les finances

 

L’argent ! Mec, il faut qu’on en parle, parce que ton enfant va inévitablement avoir un impact sur les dépenses. J’écrirai un article complet sur le sujet mais commençons par la base.

 

Premièrement, il y a pas mal d’aides. Tu as sans doute droit à quelques-unes.

 

  • La sécurité sociale et la mutuelle te donnent une prime de naissance. Nous, on a reçu environs 1000€.
  • Quand bébé est là, tu peux recevoir chaque mois une allocation familiale.
  • Et selon ton salaire et ton mode de garde, il y a d’autres aides. Il faut bien se renseigner car tu as des aides de l’Etat, de la région ET du département. Tu peux les cumuler.

 

Pour les détails, je te renvoie à cet article “prime à la naissance et allocation de base”.

 

Pour les vêtements, un conseil : joue la carte de la récup à fond. Ton enfant change de taille tous les 2 ou 3 mois donc ne crame pas ton budget dedans. Tu as des chances de trouver dans ton entourage quelqu’un qui a un enfant un peu plus âgé que le tien. Lui, ça le débarrasse et toi, tu recycles.

 

Pour un bon contrôle des finances, on a aussi fait un truc tout bête avec ma femme. On a pris un tableur. D’un côté on a fait la liste de toutes les dépenses mensuelles, en faisant une évaluation aussi précise que possible. De l’autre, on a listé toutes les rentrées d’argent. ça te permet d’ajuster, de voir où tu peux économiser, etc.

 

4/ La gestion du temps

 

J’ai jamais été très bon sur ce plan là. Alors j’ai trouvé une solution radicale, j’ai épousée une Allemande. Mais la vérité, c’est qu’il faut se discipliner pour optimiser sa gestion du temps.

 

Pour moi c’est primordial. Les ¾ du temps, ton enfant va devoir se caler sur ton rythme, aller à la crèche ou la nounou, faire les courses, se rendre ici et là, parce que toi tu l’as décidé. Il n’est pas maître de son temps.

 

Tu dois créer des moments qui sont pour lui. Des moments où c’est plus lui qui décide de l’endroit et du temps qu’on y passe. ça permet de rééquilibrer la balance et de donner l’occasion à ton enfant de contrôler dans cet interval la matière, l’énergie, l’espace et le temps, les paramètres de l’univers physique.

 

Avec mon fils, Nolan, c’est le soir, et c’est le dimanche. Ces moments lui appartiennent.  

 

5/ La vie sociale

 

Il te faut faire le deuil des sorties, des cinés et des resto avant un moment. Bon, tu peux toujours jouer la carte des grands parents ou de la babysitter. Mais ça devient BEAUCOUP plus rare.

 

Et puis tu commences à rencontrer des gens qui ont aussi des enfants avec qui tu vas parler “diarrhée”, “vomi” et “réveil nocturne”. Et tu vas aimer ça.

 

Si si, je t’assure.

 

Ce qui ne change pas

 

J’ai bien réfléchi mais je n’ai rien trouvé. Force est de reconnaître que tout change !

 

Comment se préparer à être papa

 

Ici, je pourrais te parler de plein de trucs. Comment préparer la chambre de bébé, quel livre bouquiner, comment préparer le sac pour la maternité…

 

En fait, il y a une seule chose qui me paraît vraiment importante. Ma femme a choisi d’être accompagnée pendant sa grossesse et bien avant l’accouchement par une sage femme. Je lui ai demandé de te dire pourquoi. Je pense que devenir papa, c’est aider sa compagne à devenir maman.

 

Ma femme, Frederike :

 

“C’était un peu comme un coach personnel, quelqu’un de professionnel qui s’y connaît à 100% et qui s’y consacre à 100%. Elle peut me conseiller tout le temps. Bien sûr, il y avait ma mère, mais – même elle – ne se sentait plus trop à jour.

 

“Et après, j’ai choisi une sage femme parce que je voulais sortir de ce schéma un peu mécanique d’être quelqu’un qui va à l’hôpital juste pour accoucher et on passe au suivant. J’avais le suivi en parallèle de ma propre sage femme.

 

“Je voulais aussi un peu choisir la façon d’accoucher. Même si, au final, c’était la césarienne en urgence (bon !). C’est quand même mieux si tu as une personne qui t’écoute et avec qui tu échanges.

 

“Elle était tout le temps joignable par SMS et répondait à mes questions dans la journée.

 

C’est rassurant d’avoir un point stable, quand tu as accouché et que tu es avec ton bébé et que tu comprends pas grand chose.

 

“Après la césarienne, ça saignait…ça faisait un peu peur. Julie, ma sage femme, s’est libérée. Elle est même venue le week end. Je veux dire, c’est tout un soin. Même si ça représente un coût (on la paie bien sûr), elle était disponible 24h sur 24 un mois avant et un mois après l’accouchement.

 

“Vu que, dans un accouchement, tout, c’est la surprise, c’est l’inconnu, je voulais qu’il y ait un maximum d’ingrédients sous contrôle. Et c’est ce que Julie, m’a aidé à faire.”

 

Le salaire du papa

 

C’est une chose d’entendre parler de l’amour inconditionnel d’un enfant. C’est autre chose que de le vivre et de le ressentir dans sa chair. Et c’est bien sûr pour ça que l’aventure de devenir père vaut toutes les embûches et les tracas qu’elle présuppose.

Tu vas découvrir en toi des trésors de patience, de douceur et d’amour. Et à certains moments, tu en auras raz le bol, aussi. Mais tu deviens certainement plus adulte.

 

A l’école de la vie : ce qui t’apprends te rend plus fort.

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